Le comédien Bernard-Pierre Donnadieu vient de nous quitter

Bernard-Pierre Donnadieu est décédé des suites d'un cancer ce lundi 27 décembre, à Versailles, à l'âge de 61 ans.


Né à Paris, Bernard-Pierre Donnadieu commence sa carrière au cinéma à l'âge de 25 ans en faisant de petites apparitions chez des réalisateurs renommés : Le Locataire (1976) de Roman Polanski, Si c'était à refaire (1976) de Claude Lelouch, Coup de tête (1978) de  Jean-Jacques Annaud et Judith Therpauve (1978) de Patrice Chéreau.

C'est en 1981 qu'il connaît la consécration avec Le Professionnel (1981) aux côtés de Jean-Paul Belmondo.

Son visage dur, son regard droit et franc, ses traits tirés lui valent souvent d'incarner le méchant, le hors la loi, le subversif. Après avoir été le vrai Martin Guerre dans Le Retour de Martin Guerre (1981), il devient un criminel dangereux dans le très violent Rue barbare (1983), joue le terrible Ange Malaggione dans le thriller français L'Indic (1983), incarne un terrifiant néo-nazi dans Urgence (1984), et surtout, construit l'angoissant et inoubliable psychosociopathe, Raymond Lemorne, dans The vanishing, L'homme qui voulait savoir.

Bernard-Pierre Donnadieu est aussi souvent la voix française de Harvey Keitel, Michael Rooker, Brendan Gleeson, Manfred Zapatka, Josef Bierbichler.

Bernard-Pierre Donnadieu poursuit principalement sa carrière au théâtre et à la télévision et y incarne beaucoup de personnages historiques : Le colonel Auroux, Le colonel Henry, Charlemagne, Napoléon, Jean Jaurès, Jean Monnet. Dans À droite toute de Marcel Bluwal, téléfilm engagé sur la montée de l'extrême droite en France de 1936 à 1939, il est François Salmon, grand constructeur d'automobiles vraisemblablement inspiré d'Eugène Schueller. 2008 est l'année de son retour au cinéma avec Galapia dans Faubourg 36 de Christophe Barratier et l'année de sa magnifique prestation au théâtre dans Du cristal à la fumée de Jacques Attali, où il incarne un terrible Goering...
 

Dans la collection COPAT, on retrouve ce magnifique comédien dans la pièce :

Du cristal à la fumée


"Du cristal à la fumée", mis en scène par Daniel Mesguich, est la reconstitution fidèle de la réunion qui s’est tenue le 12 novembre 1938 entre hauts responsables nazis. Ou comment l'ordre du jour sur la gestion des dégâts causés par la Nuit de Cristal a mené à la décision d'exterminer les Juifs d’Europe...

La presse parle de la pièce :

« Daniel Mesguich, qui met en scène cette atroce discussion, demande aux acteurs qui connaissent la partition, de garder la brochure en mains. Aux épouvantables "personnages", répond la rigueur d’une présentation. Il y a bien sûr de la reconstitution, mais aussi un véritable travail de montage. La troupe est remarquable. » Le Figaro

« Rarement une fiction véridique n’a touché d’aussi près la « banalité du mal », pour reprendre l’expression d’Hannah Arendt. Radioscopie de la mentalité nazie, Du cristal à la fumée révèle les raisons profondes qui ont conduit un régime à rêver d’anéantir l’humanité de l’homme. » Marianne

« Les croix gammées sont bien là mais biffées par des tags. Les comédiens, en uniforme, gardent leur texte à la main et le lisent parfois ostensiblement, même lorsqu’ils le savent par cÅ“ur. Et lorsque leur lecture - glaçante par moments - setermine, ils  s’abstiennent de venir saluer. Car on n’applaudit pas une scène de cette nature. » AFP